Septembre

J'aime les arbres en fleurs, à peine écloses
J'écoute la rivière qui se repose
A l'ombre des grands saules et des ajoncs,
Et la truite qui glisse et mange les gardons.

Mais nous sommes en septembre et la feuille se dore,
Bientôt elle voguera au fil de l'eau qui dort
Et je serai rêvant et contemplant l'esquif
Qui la fait ressembler à un bateau qui drisse.

Puis le vent surgira, déshabillant les arbres.
Dans le soir renaitra comme fleurs qui s'attardent
Un envol doré de feuilles éparpillées.

Qui mollement bercées par la bise du soir,
Couvriront le jardin d'un beau tapis de moire,
Puis s'en iront perdues, dans la terre mouillée.

1er septembre 2000

Virus

Il est une heure du matin,
Dans mon doux lit j'essaie en vain
De trouver le sommeil léger,
Qui fait planer le corps blessé.

Mais le virus est le plus fort,
Dans la nuit plus méchant encore.
Et si je combats, il attaque.
Pour me soumettre, il se braque.

Mais avec l'aide de la science,
Mon corps vaincra cette puissance.
Même si j'en sors affaiblie.

Face à de telles compétences,
Ö ma volonté, omniprésente,
C'est lui qui reculera. Détruit !

26 Août 2000

L'enfant

Dans un beau dégradé de gris
Très lentement s'en va la nuit.
Je l'ai passée toute éveillée
A attendre, à être près de vous, à participer.

J'ai voulu que mon coeur réchauffe vos deux coeurs.
Le coeur d'une famille, le coeur d'un nid,
Le creuset du bonheur, d'un tout petit,
Qui dit touours présent. Vibrante fleur.

De l'amour parental point de faiblit,
Car il est primordial pour toute une vie
Nous savons maintenant, que tant nous manquent

Ceux qui au ciel reposent. Mais cette nuit
Ils guident le voyage de leurs petits.
N'oublies pas, non, n'oublies pas? Chéri, un enfant jamais ne se renie !

20 août 2000

XXème siècle

Comme le ciel est blanc ce matin !
Comme la terre est froide, ce matin !
Comme l'été est loin, ce matin !
Comme ce vingtième siècle est mesquin, ce matin !

Ce fut un siècle de haine épuisant.
L'homme y fut malheureux, c'est évident.
Il finit sans son dieu, c'est vraiment dérangeant,
Car cet homme arrogant, n'a pas, et pour longtemps,

Transcendé sa spiritualité, son esprit divin.
On se dévalue à vivre sans âme, sans entrain.
Qui le comprendra ? Notre monde est fou.

Oui, pourtant, l'étincelle est là, on le sent bien.
Toi, qui doit regénérer le siècle qui vient,
Lève toi, Seigneur, et marche avec nous !

18 Août 2000

Hortensia

Dans le jardin, tout rose, un bel hortensia fleurissait.
Une multitude de boules de fleurs, tout un angle, parait.
Dans le mauvais temps elles ont résisté, elles sont toutes là.
Que c'est délicat et si reposant, les fleurs d'hortensia !

Même dans le froid de ce pauvre été,
Tout au fil des jours, elles ont formé
Un coin de printemps de longue durée.
Et moi j'ai voulu les remercier :

J'ai pris mes pinceaux et j'ai travaillé
Pour garder longtemps aussi frais et gais,
Les beaux hortensias dont j'avais rêvé.

A petits coups, à petits pas, ici et là
Un coin de ciel, quelques brins d'herbe, n'est ce pas...
Un peu de rose, de rouge, de mauve.... les voilà, mes hortensias.

17 Août 2000

Dormir

Encore un jour fini. Claire est la nuit.
Elle s'avance en silence, elle efface les bruits.
Dans les étoiles chante et s'écrit le destin.
Et si je suis vivante, je le retrouverai demain.

Cette nuit, le repos apporte ses bienfaits,
C'est un troublant bonheur et qui me satisfait.
C'est se dire que dormir nous régénèrera,
C'est le tempo qu'il nous faut pour se retrouver là.

De pauvres petits êtres, qui doivent s'allonger
Pour permettre au cerveau de se revigorer...
Et tout être vivant, oui, bien sûr en est là.

Puisqu'on aime la vie, on s'exécute ici.
Vous avez bien compris, faites ce qu'on vous dit :
C'est la loi de la nature, qu'on ne transgresse pas.

17 Août 2000

Après l'orage

Ce matin, l'air est calme et l'orage est passé.
Le feu du ciel s'éteint et l'on respire ici.
Il coule dans mon coeur une innocente pluie.
Les couleurs revivent, les pompoms roses sont enjoués.

J'aime la douceur du gris après la pluie.
C'est une pause de candeur dans notre vie.
On se sent propore et je revis comme un oiseau
Qui a trouvé dans les allées un vermisseau.

Puisque manger, se bien nourrir, est nécessaire
Il faut savoir s'impliquer et savoir faire
Le nectar, l'ambroisie, sont le domaine des dieux.

Quand la terre revit, elle prodigue ses fruits,
Dans le désert la mâne, ou bien alors l'oublie...
Dans chaque cas il faut dire : merci, mon Dieu !

15 août 2000

L'ennui

L'ennui naquit un jour de l'uniformité,
L'ennui naqui aussi du manque d'activité,
Et pourtant je travaille, mais suis inoccupée,
C'est une sensation très déséquilibrée.

Pas un bruit au dehors, quel manque de saveur !
Manger est assommant, à n'importe quelle heure.
Par la fenêtre ouverte, je contemple les fleurs.

C'est un ballet de Sylphes à pas lents dans le vents.
Seul, actif, élégant, passe un papillon blanc.
A chaque souffle, les verveines en fleurs ont souri.

Il est sept heures après-midi, l'ombre s'étend.
Le vent fraichit, le soleil à l'horizon descend.
Je ne sais, peut-être l'Etre est-il infini ?

12 août 2000

ÉTÉ

A l'écrin bleu du ciel scintille le soleil
L'aire est léger, calme et frais. Ô merveille !
En ce jour, mais fugace, voici le bel été.
Qu'importe, ouvrez vos yeux, vos corps et respirez.

Cet été deux mille fut une fiction ;
Demain il partira tel une apparition...
Quand le siècle prochain,tout soudain, nous naîtra
nous le retrouverons, oui, ce bel été là !

Et la journée s'étire voluptueusement.
Dans le jardin les fleurs se pavanent gaiement,
Le cerisier voisin, rescapé du désastre,

Agite doucement ses feuilles dans la brise...
Je me ressource d'air, dans mon fauteuil assise,
Et laisse mon regard s'égarer jusqu'aux astres.

11 août 2000

Les Etoiles

Le nez dans les étoiles, je regarde pâlir,
L'été qui va finir, sans avoir commencé.
Le Big Bang a-t-il, pourquoi non, existé ?
La musique de Strauss, seule, peut nous le décrire

De l'autre côté de la mort, il est la Vie.
Mort et Transfiguration ou Zarathoustra ?
Foin des mathématiques, vive la philosophie.
Mais là-haut, les Etoiles se rient de nos tracas.

Il n'y a pas de rayon vert, la brume est grise.
"Le soleil s'est couché dans son sang qui se fige"
Beaudelaire l'a dit.Et reste le mystère...

Oui, c'est la nuit, la belle nuit des Etoiles,
La lune brille dans le ciel clair.Ô mon Etoile !
On écoute là-bas la musique des Sphères.

10 août 2000

Notre Flambeau

Dans le trou noir de la nuit
Il me faut me pencher ici.
On n'y voit plus que la moiteur
Engendrée par une vague peur

De l'être humain qui se fatigue,
Quand il a perdu dans l'intrigue
La joie de vivre et l'insouciance.
C'est le cas pour beaucoup en France.

Me croirez-vous si je vous dis
Que ce n'est pas mon cas, ici.
Je crois à l'avenir du Beau...

Car nous avons l'insigne honneur,
D'avoir chez nou, quel grand bonheur !
Dieu l'a voulu : Notre Flambeau.

8 août 2000

Eté 2000

Cet été deux mille est pourri.
Pas un jour de beau à Nohant !
Même la musique a claqué de dents.
Tout est tristounet sans soleil ici.

Je l'avais bien vue la Maison de George
Sous la morne pluie, Hâvre Lumineux
Mais l'"Etat français" est maître des biens
Et il saura bien nous faire rendre gorge.

Point de poésie, foin de l'Amitié
Quant les technocrates ici sont passés.
Hé ! Que leur importe un lieu " habité"

L'âme de la Musique, les liens du Passé
Tout disparaitra; froide rectitude
Défaisant les liens de nos habitudes

Nohant, 28 juillet 2000

L'âme de Frédéric

C'était un jour gris de septembre,
Hier, on avait clos les volets,
Mis les malles au cabriolet...
C'était un jour gris de septembre,

Des lourds nuages, des grandes pluies
Obscurcissaient le beau Berry,
Et le vent aigre qui soufflait
M'oppressait. Mon coeur, lui, gémissait.

Je ne vous verrai plus, Nohant de mes amours
Au détour du chemin vous avez disparu
Hâvre de ma musique, je ne vous verrai plus

Malgré tout, dans les coeurs, elle vivra toujours,
C'est ainsi, la vie passe et s'effrite et finit.
Ma musique sanglote aux salons de Paris

Nohant, le 27 juillet 2000

Justine nous berce
envoyé par crocknotes